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 La machination

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Kimitria
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MessageSujet: La machination   Jeu 6 Avr à 23:26

Hm... voici ma modeste fanfic ^^ En espérant qu'elle vous plaira...
Oui, je sais. Une fanfic sur Harry Potter ?! diront certains.
Eh bien, en fait, d'Harry Potter il n'y a que le contexte. Je pense que je pourrais même transformer cette fanfic de manière à faire un véritable récit non fantastique, si je l'adaptais un peu. Mais le mieux, c'est de la lire, si vous avez vraiment du temps à perdre. Donc...

La machination


1


Il faisait chaud, cette nuit-là.
La brume tiède d’un été qui s’attardait planait en silence sur la ville. Ne restaient éveillés que les employés nocturnes et quelques mouchards dans les rues. Sans compter, bien entendu, les jeunes qui gueulaient et buvaient comme des malades à des concerts trop déchaînés, et quelques particuliers s’attardant dans leur chambre, peinant à dormir ou ne voulant pas dormir.
Cette ville-là était comme toute banlieue qui se respecte, c’est-à-dire bourrée d’imbéciles, pour ne pas dire plus. Les papiers, les mégots jonchaient les gris trottoirs. Les arbres, résultats d’un rêve de maire désespéré de donner un jour plus gai au trou à rats qu’il dirigeait, étaient la seule touche de nature, et encore artificielle à fond la caisse, au milieu de ces pathétiques HLM.
Cette ville était tellement déprimante qu’on pouvait se demander s’il était possible d’y vivre. En effet, les habitants ne vivaient pas : ils survivaient. Ils s’agitaient, se méfiaient, s’insultaient. Ils se faisaient du mauvais sang, quand le soir tombait, guettant le moindre bruit, le souffle court, persuadé qu’un voleur allait monter les égorger, comme cette pauvre vieille dame du dessus, s’avançaient vers la porte, la fermaient et la refermaient à triple tour, pareil pour la fenêtre, avant de plonger dans un sommeil inquiet.
Qu’ils avaient peur, c’était à faire pitié.

Mais ils n’avaient pas tous peur.
Il y en avait au moins quelques-uns qui étaient sûrs que rien ne pouvait leur arriver.
Quelques-uns vivaient dans l’habitation la plus vivable de la ville, une petite maison avec un petit jardin.
Ca n’était pas la leur. Ils ne l’avaient pas payée. Ils avaient profité du fait que leurs locataires soient partis en vacances pour s’y installer, sans qu’aucun Moldu ne fut au courant.

- J’en ai marre ! cria Keigo en massacrant la table de son poing.
- Je sais, dit paisiblement Gabriel.
D’un geste nonchalant, il agita sa baguette magique en marmonnant : « Accio barre de chocolat ». La boîte de chocolat noir qui était déposée sur la table devant lui s’ouvrit et une barre s’en échappa toute seule, atterrissant docilement entre les doigts du sorcier qui se hâta de la grignoter. C’était son péché mignon.
- Alors pourquoi tu me fais vivre dans cette baraque au milieu de cette ville pourrie ? bégaya de colère Keigo en s’en prenant à ses mains.
- Parce qu’actuellement, je n’en ai pas trouvé d’autre, et calme-toi !
Loin de se calmer, Keigo frappa une nouvelle fois sur la table.
- Bon sang, ce n’est qu’une maison temporaire ! s’énerva à son tour Gabriel. Crois-tu que j’aime cette ville ? C’est toujours mieux que rien, hein ? Préfères-tu coucher dehors ? Vas-y, je t’en prie ! Et fais-toi pincer par le ministère trois jours plus tard !
Triomphant, Gabriel croqua avec soin un bout de chocolat, sentant avec délices la friandise se répandre dans son gosier, tandis que son ami semblait s’étouffer de rage.
- Je te signale, ajouta Gabriel, que c’est de ta faute si on en est là.
Là, Keigo explosa.
- On voit bien que c’est pas toi qui te fais insulter tous les jours ! hurla-t-il, si fort qu’il en avait mal à la gorge. Dès que je sors, on me jette de ces regards… simplement parce que j’ai des habits de mendiant ! Alors je reste ici et j’agonise. On me traite de paresseux et de feignant, alors que toi… toi, tu restes là à rien faire d’autre qu’à bouffer !
- Ohé ! j’y peux rien, moi. Qu’est-ce que tu veux que je fasse d’autre que bouffer ? Mourir de faim, sans doute ? ironisa Gabriel en finissant la barre de chocolat. C’est déjà bien gentil de ma part de bien vouloir t’aider, tu trouves pas ? J’aurais pu facilement abandonner ce voleur que t’es devenu.
- Mais puisque je te dis…
- Oui, oui, je sais, coupa Gabriel d’un ton impatient. Si tu ne le faisais pas, tu te faisais bousiller par Carlie. Mais ça n’empêche pas… Cette fille ne vaut rien ! Oui, je sais, tu l’aimes, ajouta-t-il en voyant que Keigo ouvrait la bouche. Mais elle ne t’aime pas, quand est-ce que tu le comprendras ?
- Si, elle m’aime, dit Keigo d’une voix blanche. Je le sais.
Gabriel commençait à vraiment, mais vraiment à en avoir ras-le-bol. Lui savait que Carlie n’aimait pas son ami. Il n’était pas dupe. Elle faisait semblant pour soutirer de lui tout ce qu’il voulait – de l’argent, des robes, des accessoires. Tout et n’importe quoi. Enfin, quand même pas tout – petit à petit, disons. Et Keigo, en bon gamin aveuglé par l’amour qu’il lui portait, faisait tout ce qu’elle demandait.
Son ami avait déjà essayé de lui faire entendre raison, mais il ne l’avait jamais écouté, et Gabriel n’avait jamais tellement insisté, parce qu’il sentait que cette découverte risquait de bouleverser Keigo à un point inimaginable.
Et voilà que Carlie lui avait demandé cinquante Gallions. D’abord, Keigo avait affirmé qu’il n’avait pas cette somme, mais il avait quand même fini par lui promettre qu’il la lui donnerait dans quelques temps. Et il monta un coup monstre pour voler les Gallions.
Il connaissait une vieille dame auquel il ne prêtait pas beaucoup d’attention, Mme Briettle. Elle était très riche et cachait une assez grande partie de son or dans sa vaste maison.
Pendant quelques jours, il s’était montré très attentionné avec la dame. Cette dernière était fort aimable et se montra très touchée de ces attentions. Elle donnait facilement sa confiance à n’importe qui, et il le savait.
Pour le récompenser, elle lui avait donné cinq Gallions.
- Non, je vous assure, c’est trop aimable, gardez cet argent, avait-il répondu amicalement.
Il refusa toute réduction, même une Noise, assurant qu’il ne faisait là que son devoir. Cet événement fit que Keigo avait l’entière confiance de Mme Briettle. Ce stade passé, il attendit, patiemment, une occasion.
Elle vint après deux semaines d’attente. Il était, comme pratiquement tout le temps, dans la maison de la vieille dame, qui devait payer des factures, toujours importantes. Elle sortit donc son coffre-fort, et Keigo déclara soudain qu’il avait soif et lui demanda si elle voulait quelque chose à boire. Comme Mme Briettle avait répondu par la négative, il se hâta de se retirer et rapidement alla sonner à la porte. Cela fait, il disparut dans la cuisine, tandis que la dame répondait par un : « Oui, j’arrive » et qu’elle descendait les escaliers.
Il avait examiné la maison et savait qu’une porte de la cuisine communiquait avec un raccourci menant au salon où était caché l’or. Aussi ne perdit-il pas de temps. Il emprunta ce raccourci, se dirigea vers l’argent et prit à la va-vite une grosse poignée devant faire plus ou moins cinquante Gallions. Il la fourra dans un sac. Il ensorcela le sac qui alla se déposer dans une cachette faite dans un mur à un mètre de là. Puis, il cassa la vitre de la fenêtre la plus proche, fit tomber quelques objets et s’allongea sur le sol.
Mme Briettle accourut, et Keigo balbutia qu’un homme avait cassé la vitre, l’avait assommé et avait volé de l’or, avant de s’éclipser vite fait.

Seulement, le plan comportait quelques bémols.
Premièrement, la vitre. Keigo l’avait cassée de l’intérieur : les débris s’étaient donc propagés principalement à l’extérieur, ce qui ne manqua pas d’intéresser les Aurors.
Deuxièmement, la sonnerie, qui fit éloigner – quelle coïncidence – Mme Briettle de son argent. Certes, un voleur autre que Keigo aurait parfaitement pu utiliser ce stratagème, mais pourquoi, dans ce cas, Keigo, qui descendait les escaliers, et qui était habituellement prompt à soulager la vieille dame de ses obligations, l’avait-il laissée ouvrir elle-même ?
Troisièmement, le moyen moldu qu’aurait employé le voleur pour entrer. Peu discret, non ? en pleine journée. De plus, personne ne l’avait vu ressortir, alors que le bruit de vitre brisée avait attiré quelques regards.
Et enfin, quatrièmement, la prétendue soif de Keigo. On ne retrouva pas à la cuisine de verre qu’aurait pu employer le garçon pour boire.
- J’étais à peine descendu à la cuisine que j’ai entendu la vitre brisée, affirma Keigo, alors j’ai accouru…
Cette explication étant plausible, on écourta cet argument mais les trois autres subsistaient.

Carlie eut son argent mais commençait à se sentir un peu coupable. Elle allait entraîner Keigo sur une très, très mauvaise pente.
Le garçon eut droit à de nombreux interrogatoires et donc, à de nombreux verres de Veritaserum. Jusque-là, grâce à des procédés ingénieux, il était parvenu à changer la potion par de l’eau. Mais malheureusement, il fut quand même conduit à boire du véritable sérum de vérité, et déballa tout sous le regard ébahi des enquêteurs.
Gabriel, à qui Keigo avait confié son secret, assistait de loin à l’enquête et l’entendit, à son plus grand désarroi, s’avouer coupable.
Il comprit que son ami allait se retrouver dans de beaux draps.
Gabriel était doué d’une persuasion incroyable. Il argumenterait même contre Satan. Il sait qu’il sait tout et il sait surtout que les autres se trompent radicalement. Il sait trouver les bons mots pour faire céder l’adversaire.
Aussi mit-il ce don en profit contre le ministère. Keigo restait dans un cachot, en attendant d’être jugé. Gabriel agita donc des pieds et des mains et finit par convaincre les gardes de Keigo de le laisser sortir faire une promenade – sous leur surveillance, toutefois.
Ce fut un jeu d’enfant d’échapper à leurs pattes et depuis, Gabriel – désormais complice – et Keigo erraient sur les routes, s’emparant des habitations inhabitées, dans l’espoir sans fin qu’un jour, cela s’arrête.

- Non, elle ne t’aime pas, tranchait à présent Gabriel, pressé d’en finir.
Et comme Keigo voulait protester, il ajouta :
- Redescends un peu sur terre, pour une fois ! Elle ne t’aime pas ! Tu comprends pas qu’elle fait semblant pour que tu lui donnes tout ce qu’elle veut ? Elle s’était déjà moquée de toi alors que je lui parlais, tu veux un peu ? Elle s’en fout. Oublie-la. Crois-moi, une fille comme celle-là, faut pas la regretter.
Keigo était devenu aussi pâle qu’un cadavre.
Jamais Gabriel ne lui avait parlé de Carlie d’un ton aussi dur, définitif, sans appel. Il savait bien que, quand son ami prenait cette voix-là, il ne mentait pas.
Gabriel fut satisfait de constater que Keigo le croyait – il était tant que cet amour intolérable s’arrête.
Mais il le fut un peu moins quand il vit la mine de son compagnon.

A ce moment-là, Keigo détestait Gabriel. A cet instant-là, il ne pouvait plus regarder ce froid tueur, cet immonde meurtrier. Mais surtout, surtout, en cette seconde-là, il avait l’impression que son cœur le lâchait et que son cerveau se mettait lentement en place, que les rouages se remettaient à tourner. Et, maintenant, maintenant, il apercevait son imbécillité dans toute sa beauté.

Tout cela, Gabriel pouvait aisément le lire dans les yeux apeurés de Keigo.
Son ami tourna les talons, tétanisé. Tout d’un coup ankylosé, il se dirigea machinalement, mollement, vers la porte d’entrée.
- Déconne pas, fit soudain Gabriel, inquiet.
Sortir en pleine nuit, c’était signer son arrêt de mort. La nuit était le moment privilégié pour les Aurors à la recherche des deux garçons, parce que les Moldus dormaient. Quelles cibles parfaites seraient les deux garçons au beau milieu d’une route déserte !
- Déconne pas, répéta Gabriel, d’une voix tremblante.
Il se leva. Mais Keigo avait déjà fermé tout doucement la porte derrière lui.

Gabriel courait. Il essayait de rattraper son ami qui titubait, tel un zombie, sur les routes désertes.
- Arrête, t’es fou ! haleta-t-il.
Keigo ne répondit pas. Il prit le pas de course et se mit soudain à galoper.
Gabriel avait toujours été mauvais en sport, alors que Keigo avait des jambes de gazelle.
- Attends !
Keigo ne l’entendait pas. Il se contentait de ressasser ses bêtises. Comment avait-il pu aimer Carlie ? Il avait été fou ! Il se sentait sale, humilié.
- Arrête, quoi, m… !
Gabriel avait un point de côté. Terrible. Il ralentit alors que Keigo accélérait.
Il fut obligé de s’arrêter pour reprendre son souffle et masser la hanche douloureuse. Puis, il se remit à poursuivre Keigo.
- Arrête, bon sang ! Pitié !
Ces supplications étaient devenues un leitmotiv pour Keigo qui courait de plus en plus vite.
Gabriel avait envie de pleurer. Il voyait le moment où les Aurors viendraient. En admettant même qu’ils ne les aient pas vus, ils l’auraient de toute façon entendu beugler après Keigo. Ils étaient cuits.
A moins que Keigo ne se ravise.
- On va se faire prendre… gémit-il aussi fort qu’il put.
Il avait peur. Il savait que, dans de pareils cas, les Aurors pouvaient avoir recours à la magie. Il voyait déjà Azkaban.
Voilà comment se terminerait des années de joie, d’amitié, de rires. Azkaban.
Il se remit à courir. Keigo l’entraînait dans des ruelles reculées. Il avait renoncé à appeler, ce serait raviver le point de côté qui le gênait déjà pas mal. Il sentait son cœur battre comme un fou, il voulait le lâcher, déchirer ses côtes, sa peau. On devait l’entendre à des kilomètres à la ronde.

Le sifflement de l’air brusquement fendu en deux résonna à l’oreille de Gabriel comme les pas lourds menant à l’échafaud.

Ce sifflement, il savait trop bien ce que c’était – un sortilège.
- M…, Keigo ! Faut se barrer !
Keigo avait entendu, aussi. Il sortit soudain de sa torpeur et leva la tête.
Des jets de lumière rouge fusèrent un peu partout. A ce moment-là, Gabriel eut l'égoïsme de celui qui panique. Il ne jeta plus aucun regard à Keigo et se mit à esquiver maladroitement les attaques. Gabriel n'avait jamais été dans aucune école de sorcellerie et il ne se débrouillait pas très bien.
S'il n'avait pas si sauvagement cherché à sauver sa peau, il aurait peut-être vu un sortilège ricocher sur la poitrine de Keigo surpris. Il aurait peut-être vu ses yeux s'écarquiller et il l'aurait sans doute aperçu tomber. Sans doute même se serait-il inquiété de voir son ami immobile, paupières closes, étendu mollement sur le sol. Et quand Gabriel se rendit compte de tout cela, il ralentit ses gestes, effectivement inquiet.


Dernière édition par le Jeu 6 Avr à 23:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La machination   Jeu 6 Avr à 23:27

- Keigo ?
Les individus s’étaient enfuis.
De plus en plus inquiet, Gabriel s’avança vers le corps inanimé de son ami de toujours.
- Keigo ? Ca va ?
Quelle question, bien sûr que ça n’allait pas. Gabriel tremblait inexorablement.
Keigo ne pouvait pas être mort. Les Aurors ne pouvaient pas jeter le sortilège de l’Avada Kedavra. Non. Non.
- Keigo ?
Keigo… ce nom de héros Warrior Brios. Gabriel s’en était amusé au début. Mais là, le nom avait des intonations lugubres.
Il fit quelques pas en zigzag avant de s’effondrer à genoux auprès de Keigo.
D’une main hésitante, il saisit le poignet droit et prit le pouls. Rien ne semblait battre dans ce corps.
C’est parce que tu n’as jamais su prendre correctement le pouls, se dit-il. Il regarda les yeux fermés de Keigo et se rappela leur stupéfiante grandeur… cette grandeur qui ne l’avait pas seulement étonné, mais aussi – il fallait bien qu’il l’admette – effrayé.
Il tremblait si fort que le poignet lui échappa et retomba avec un bruit sourd sur le ventre de Keigo.
Un instant, il perdit la maîtrise de lui-même. Mais il se rassura bien vite. Bientôt, quand Keigo sera revenu à lui, ils riront ensemble de sa stupide inquiétude.
Il posa une oreille sur le ventre. Silence total.
Il se demanda d’une main si son ami respirait. Non.
Il regarda les paupières closes.
Alors, une certitude l’emplit tout entier, déborda de partout, une certitude qu’il savait absolument vraie. Keigo ne pouvait pas être mort. Donc il était vivant. Alors, arrête de faire le débile. Et, pour sceller cette certitude, il releva d’un geste décidé une des paupières.

Les grands yeux réapparurent. Gabriel eut un cri étouffé. Il baissa rapidement la paupière et se détourna, pris de nausées.
La pupille de Keigo était devenue presque aussi grande que son œil. C’était horrible. Effrayant. Toute vide. Sans expression.
Morte.

Mort.

Non. Non.
Oh, non…
Gabriel avait envie de hurler. Les larmes jaillirent et tombèrent sur le sol. Son nez se mit à couler, lui aussi. Il ne fit aucun geste pour l’essuyer. Le corps secoué de spasmes, la tête enfouie dans les mains, désespéré, humilié, il pleura, il sanglota, il gémit.

Un cri sauta des lèvres de Gabriel.
- Keigo, non ! Non !
Le deuxième « non » s’était transformé en un râle trop aigu, proche de l’hystérie. Des fenêtres s’allumèrent, des pas retentirent. Des paroles. Des gens.
Des Moldus qui allaient enterrer le corps de son ami de toujours.
Des Moldus qui allaient le mener au commissariat. Où il ne pourrait plus revoir Keigo.
Il prit Keigo sur son épaule et se mit à courir, courir. Le point de côté se réveilla et il sentit sa gorge se retourner, à tel point qu’il ne respirait plus.
S’il avait su surmonter ce point de côté… s’il avait couru plus vite… Bon sang ! tout cela ne serait pas arrivé.

Cul-de-sac. Des gens se mettaient à courir après lui. Il escalada le mur et finit par jeter Keigo par-dessus le toit. Il s’excusa mentalement.
Le mur était lisse comme le dos de la main. Il s’éraflait de partout. Mais la tristesse peut donner des ailes. Il ne sut comment il fit mais deux minutes plus tard, il descendait déjà la façade arrière du bâtiment et il courait, courait, courait, loin de cette ville maudite, avec Keigo pour seul bagage.

2


- Le jeune Ogellos est donc mort ? répéta d’un ton absent Arnoldinus Maglecor, le nouveau directeur du Département de la Justice Magique.
- Nous avons vu son cadavre, affirma Hervey Kiggle.
Les deux Aurors se sentaient mal à l’aise. Juliana Coppers avaient les sourcils presque dressés à la verticale et son compagnon mangeait des orteils le cuir de ses chaussures.
Maglecor poussa un soupir. Keigo n’avait plus de peine à souffrir, mais ce Gabriel, il faudrait s’en occuper.
- Où l’avez-vous vu ? demanda-t-il.
- Au milieu d’une petite ruelle à droite de la Rue de Bois, ville Firstelen.
- Hm…
Le directeur tapota de sa baguette la table et une photo apparut. Elle montrait l’endroit où Keigo avait expié. Personne ne s’étonna de voir le parking vide : les Aurors qui étaient de ronde dans cette ville, en l’occurrence Kiggle et Coppers, n’avaient pu ravoir le cadavre que Gabriel avait ravi. Quelques Moldus garaient leur voiture, d’autres claquaient les portières.
Maglecor tapota à nouveau et les couleurs de la photo se modifièrent, un peu comme sur un négatif. Une anomalie apparut sur la photo, une sorte de fumée rouge, qui montait au-dessus de l’endroit précis où Keigo avait cessé de vivre.
- C’est un mineur qui a jeté le sortilège, conclut Maglecor en faisant disparaître la photo.
Pour lui, le scénario était tout tracé.
- Puisque vous affirmez que ce… oh, je ne retiens jamais le nom !
- Hagrevey, intervint Juliana.
- C’est ça, que Hagrevey était là au moment de la mort, il me semble très probable que…
- Non, je ne crois pas, coupa Hervey. Pour jeter un sort Impardonnable, il faut vraiment le vouloir. Or, ces deux-là s’aimaient bien.
Maglecor eut un geste impatienté de la main.
- Bien sûr. Cependant, Hagrevey avait tout de même une bonne raison pour avoir en horreur Ogellos. C’est tout de même à cause de ce voleur qu’il est obligé de courir sur les routes. A la longue, ça tape sur les nerfs. Et puis, qu’est-ce qu’on en sait, qu’ils s’aimaient bien ? Raisons personnelles qui nous échappent, peut-être…
Les Aurors ne dirent rien.
Coppers ne devait plus avoir de sourcils et le cuir des chaussures de Kiggle n’allait pas tardé à être dévoré par les orteils.
- Donc, comme je disais, il me semble très probable que ce soit Gabriel qui ait tué Keigo. Personne d’autre n’était là et on était dans une banlieue moldue, je ne vois pas tellement d’autres solutions.

Juliana et Hervey restèrent silencieux.
Eux étaient persuadés que Gabriel n’était pas le meurtrier.
Ils étaient là. Ils avaient vu le jet de lumière rouge.
Ils n’en étaient pas absolument sûrs, de ce sortilège. Ils avaient cru le voir. Ce n’était pas une preuve, ils se pouvaient qu’ils aient rêvé, mais ils ne se rappelaient pas non plus si Gabriel avait levé sa baguette.
Ce qu’ils savaient, en revanche, ce qu’ils avaient parfaitement en mémoire, c’étaient bien les lamentations de Gabriel sur son compagnon.

Ces lamentations pouvaient être une preuve solide de l’innocence de Gabriel, car elles prouveraient que Gabriel n’avait pas assez de motivation pour tuer Keigo.
Mais pourtant, les Aurors n’en disaient pas un mot. Ils connaissaient trop Maglecor. Ils avaient eu un débat animé à ce sujet.

- Mais pourquoi veux-tu qu’apporter une preuve de l’innocence de Gabriel soit nuisible ?
- Tu le sais aussi bien que moi, avait répondu Hervey. C’est comme pour l’affaire Rocade. Les gens ne sont pas rassurés…
- Arrête avec ces bêtises ! s’emportait Juliana.
- Je ne marche pas avec les bêtises, c’est Maglecor. Si on dit que Gabriel est innocent, on va avoir de sales ennuis, crois-moi. Tu vas voir que le ministère va prétendre qu’on est fous et qu’on a des hallucinations…
- Tu crois que le ministère est débile à ce point ?
Hervey eut un vague haussement d’épaules impuissant.
- Il se rend débile tant qu’il veut paraître rassurant.
- Et laisser Gabriel aller à Azkaban si on le rattrape ! Vive la justice !
- C’est pas juste, d’accord, admit Hervey Kiggle, mais ce gosse, il a quand même commis un délit.
- Et alors ? Je suis d’accord qu’il soit soumis à une peine. Ca, c’est juste. Mais pour qu’il soit condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis ! On n’a pas assez d’erreurs judiciaires, peut-être ?
- Tu sais, ce n’est pas la peine qu’on le dise. Quand on rattrapera Gabriel, on le soumettra au Veritaserum. La vérité, il la dira de lui-même.
- Et si le ministère décide quand même de le rendre coupable, pour le bon goût du public ?
- Dans ce cas, on n’y peut rien !
Juliana le regarda d’un air méprisant.
- Bien sûr qu’on peut faire quelque chose, seulement…
- Seulement, oui, je sais ! j’ai pas le courage. J’ai pas envie de passer pour un fou aux yeux du monde, OK ?
- On peut au moins ne fut-ce que le suggérer, pour voir la réaction de Maglecor.
- Non, c’est trop risqué. Je vois déjà un article de la Gazette, deux jours plus tard. Maglecor se méfiera et fera déjà le maximum pour que nos propos n’aient plus de poids.
- Décidément, t’as vraiment…
- … pas de courage, je sais.
- Ca ne suffit pas de le savoir, s’emporta de nouveau Coppers.

Pourtant, face à la conviction éhontée de son supérieur, Juliana Coppers n’avait pas soufflé mot. Elle sentait d’ailleurs que, seule, elle n’avait aucune chance.


***


Gabriel ne savait pas combien de temps s’était écoulé depuis que Keigo était mort.
Depuis le jet de lumière rouge, il n’avait plus aucune notion de temps. Il ne savait plus ce qu’il faisait. Il se contentait de penser au passé sans songer au présent et encore moins à l’avenir.
Il se rendait à peine compte qu’il était maintenant en rase campagne. Les parfums enivrants le laissaient indifférent. Il ne sentait que le goût de la mort, il ne voyait que du rouge. Il avait fini par marcher.
Il commençait à être un peu dégoûté de porter ce cadavre sur son épaule, un cadavre lourd, froid, trop froid, un cadavre qui sentait mauvais et qui n’allait pas tarder à attirer les insectes, mais il se refusait à l’enterrer tant qu’il n’avait pas complètement fait son deuil.

Il culpabilisait. Il n’arrêtait pas de se dire que, s’il avait ignoré le point de côté, qui brûlait toujours dans sa hanche, s’il avait couru plus vite, Keigo ne serait pas mort.

Courir avait réordonné ses pensées et l’avait rendu plus calme. Il était néanmoins toujours triste.
Bon sang, Keigo ! Il s’arrêta au bord d’une rivière et le déposa à ses côtés.
Keigo était devenu hideux, hideusement blanc. En le regardant, comme ça, droit sur les paupières closes, Gabriel se rendit soudain compte : Keigo n’était plus qu’un cadavre.
Il se le répéta. Il laissa les horribles mots s’incruster dans sa poitrine. Un moment, sa gorge se noua. Mais il continua, continua.
Le passé était révolu. Ce n’était plus la peine d’y penser. Keigo mort, il fallait qu’il se fasse une nouvelle vie, qu’il rencontre d’autres gens.
Mécaniquement, exactement comme un robot, Gabriel creusa un trou à l’aide de pierres et de mains, et commença l’enterrement.


***



Gabriel s’était remis à marcher, parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire.
Il n’y avait pas eu de croix, pas eu de messe, ni de prêtres ni de rien du tout. Simplement des fleurs et un recueillement.
Mais un recueillement très important. Non seulement il avait fallu faire le deuil de Keigo, mais aussi de tout ce qui avait été Keigo. Des souvenirs.
Il avait fallu renoncer à la joie, à l’amitié, aux rires. Il avait fallu abandonner ce passé si heureux, et revenir au présent plus sombre.
Peut-être même penser à l’avenir.

Gabriel marchait. De temps en temps, il mangeait. Il arrivait aussi qu’il boive. Et parfois, il dormait.
Il marchait vers l’avenir, il mangeait des groseilles et des myrtilles, il buvait de l’eau, il dormait.
La nature avait accepté de l’héberger jusqu’au moment où il ne serait plus si triste. Pour le moment, il n’avait envie que de marcher et de satisfaire ses besoins. Le reste était dérisoire.
Il n’avait envie de voir personne. Il marchait, c’est tout.
Et il avait bien raison de marcher. Il l’ignorait encore, mais au bout de cette marche se trouvait son avenir.


***


Juliana Coppers se sentait affreusement coupable.
Maglecor avait déjà parlé à la Gazette. Gabriel Hagrevey est coupable. Nous avons les preuves. Nous n’allons pas tarder à le rattraper. Mais il faut que vous nous aidiez. Pour tout renseignement concernant un garçon de treize ans et demi, cheveux courts et bruns, yeux gris, vêtu d’une robe de sorcier noire et déchirée, avec une tache de naissance en forme de croissant à la main droite ainsi qu’une baguette de dimensions moyennes contenant de la poudre de griffe de dragon, veuillez contacter le ministère immédiatement.
Coppers essayait de convaincre Hervey Kiggle qu’il fallait parler.
- Hors de question, disait-il d’un ton buté. Maintenant que l’affaire est publique, on ne peut plus rien faire.
Elle n’avait donc aucun allié.
Elle réfléchit un peu et se dit que, si elle était seule, elle y irait seule.


***


Gabriel ne se sentait vraiment pas bien.
Il était tellement fatigué. Et ce n’était pas les myrtilles et les groseilles qui allaient satisfaire sa faim. En plus, il n’y en avait pratiquement pas.
L’été commençait, tout doux, à se lever.
Il avait des démangeaisons. Ce n’était pas des poux. Elles étaient logées entre ses doigts. Ca le grattait horriblement. Il devait sans cesse s’arrêter pour gratter. Une éruption de petits boutons, tout rouges, apparaissaient aux endroits « chatouilleux ».
Il avait hâte d’apercevoir un bâtiment. Il était tellement fatigué, il avait si faim, ça le grattait tant qu’il ne trouvait pratiquement plus de temps pour penser à Keigo.
C’est alors qu’au détour d’une haie, il vit au loin la silhouette d’un château.
Il se mit à zigzaguer le plus vite possible.


***


Juliana toqua timidement à la porte du bureau de Maglecor.
- Entrez, beugla sa voix.
Avec mille et une précautions, elle dévoila son visage au directeur.
- Ouiii ? questionna-t-il d’un ton suraigu.
- Bonjour, marmonna-t-elle, c’est… c’est pour l’affaire Ogellos.
- Quoi ?
Elle hésita.
- Eh bien…
Etait-ce vraiment nécessaire, finalement ? A quoi servirait-il de parler, si on pense ensuite qu’elle n’était qu’une folle ?
- C’est que…
- Mais allez-y ! j’ai pas tout mon temps, moi !
Quand faut y aller, faut y aller.
- Monsieur, dit-elle enfin, il se peut que Keigo soit innocent.
Silence. Maglecor l’examinait, avec ses yeux cachés par le verre.
- Comment ça ? cracha-t-il.
Elle s’expliqua.
Silence. Pendant lequel Juliana se dit que c’était inutile. Rien qu’à voir l’expression de Maglecor, il était certain que de voir Gabriel innocenté ne lui était pas une idée plaisante. Il tourna sept fois la langue dans sa bouche, prit une profonde inspiration. Ses doigts pianotaient à la surface de la table d’ébène, à la recherche d’un commentaire adéquat.
- Et comment se fait-il que Kiggle ne m’en ait pas parlé ?
Coup de couteau. Ca, c’était une bonne question.
- Euh…
Elle n’avait jamais su mentir.
- Il est… peut-être trop occupé ? suggéra-t-elle gauchement.
Silence.

- Ma foi, dit courtoisement Maglecor, c’est là une bonne théorie.
Juliana se sentit monstrueusement soulagée.
- Vaquez à vos occupations, proposa-t-il. Je vais poursuivre cette affaire…
Elle sortit du bureau avec l’impression qu’un sale coup se montait. Abondance de politesse et de compréhension ne figurait pas parmi les qualités de Maglecor.
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MessageSujet: Re: La machination   Jeu 6 Avr à 23:28

3


Juliana avait raison de se méfier.
Une semaine plus tard, en ouvrant le tiroir de son armoire, quelle ne fut sa surprise d’y découvrir deux boîtes de calmants, dont une était pratiquement épuisée !

Sa première réaction aurait été de débouler dans le bureau de Maglecor et de crier comme une malade. Mais elle réussit juste à temps à réunir son sang-froid. Elle prit un marqueur indélébile noir et écrit sur le côté des deux boîtes : « A. M. ».
Puis, elle alla calmement dans le bureau de Maglecor où une troupe d’Aurors discutaient et dit :
- Vous avez oublié vos calmants dans mon bureau, monsieur.
Sous le regard stupéfait des Aurors et du directeur, elle déposa les deux boîtes sur la table et sortit. Elle entendit Maglecor déclarer, imitant l’offensé : « Ce n’est pas à moi : c’est pour mon neveu, Archie, qui a beaucoup de fièvre. »
Tous les moyens sont bons pour gagner.


***


Gabriel était maintenant près du château. Mais il était confronté à un gros problème : le portail, verrouillé à centuple tour.
Il tenta de l’escalader. En vain.
Il appela jusqu’à s’en déchirer la gorge. Autant siffler dans un violon.
Il se sentait maintenant vraiment très mal. Il ne pouvait plus marcher, seulement tituber. Un peu comme Keigo au crépuscule de la vie.
C’est à ce moment-là qu’il commença à nourrir une haine féroce contre les Aurors.


***



Depuis ce jour, la vie de Juliana Coppers au ministère fut un véritable enfer.
Kiggle avait vu juste. Maglecor ne perdit pas de temps pour répandre l’idée que l’Auror perdait la tête. A présent, il ne lui confiait que les plus basses besognes, sans jamais lui remettre une mission ni rien du tout, non, simplement ouvrir des enveloppes, coller des timbres. Elle était tout bonnement ignorée du service. Les autres la croyaient mais n’osaient pas s’opposer au chef, alors quand elle était là, la plupart du temps ils se taisaient.
Ses avis étaient contestés, même quand ils étaient justes. Maglecor pouvait ainsi avoir une idée et, quand il s’apercevait que Juliana avait la même, la trouver stupide.
Tout être normal aurait donné sa démission. Mais Juliana ne voulait pas, parce qu’elle sentait que c’était ce que Maglecor désirait, de peur qu’elle ne finisse par rallier Hervey Kiggle avec elle.
C’est en effet ce qu’elle ne cessait de tenter, mais Kiggle semblait moins décidé que jamais. Plus il voyait le sort de Coppers, moins il voulait l’aider.
- Tu devrais démissionner, se contentait-il de lui conseiller. De toute façon, c’est râpé… Tu vois bien que tout le monde te croit folle. Tu ne peux plus rien faire.
- Mais Hervey, protestait Juliana, c’est normal qu’on me croit dingue ! C’est parce que tu étais là quand j’ai vu Ogellos mourir et que tu laisses entendre qu’il n’y a aucune preuve de l’innocence de Hagrevey ! Si tu te ralliais à moi, tu verras que les gens qui nous croiront seront beaucoup plus nombreux !
Hervey gardait un silence obstiné.
- Tu te rends compte qu’à cause de toi, un innocent va aller à Azkaban plus longtemps qu’il ne le devrait, voire même à perpétuité ? T’as pas honte ? grondait Juliana. Tout ça à cause de ta petite personne. Tu as peur qu’on te croie fou, mais ceux qui croiront ça ne sont que des lâches qui veulent garder leur confort. Lui, on le croit coupable, et c’est beaucoup plus grave. Il n’y a que nous qui pouvons changer ça !
Il ne répondait pas.
- J’ai compris, concluait l’Auror. Tu n’es qu’un lâche, toi aussi. Et le savoir, ça ne suffit pas.
Elle s’en allait d’un bon pas, complètement dégoûtée.

Et puis finalement, elle en eut assez. Sa présence ici n’était pas indispensable. De toute façon, elle allait être virée un jour ou l’autre. Elle démissionna et s’en alla avec la ferme intention de rapporter des preuves, donc, de trouver Gabriel.


***


Gabriel, pour sa part, était comme anéanti.
Il était resté près du portail, persuadé que quelqu’un viendrait ouvrir.
De temps en temps, il mangeait. La nourriture, déjà assez rare, commençait à pourrir. Il abandonna donc les groseilles pour manger des fruits secs qui commençaient à affluer. Lui qui avait toujours détesté ça dévorait avec joie noix, noisettes et autres.
Il commençait à faire froid. En plus des démangeaisons, Gabriel avait réussi à choper un rhume et son nez n’arrêtait pas de couler. Ce qui n’est vraiment pas pratique quand on n’a pas de mouchoir. Il arracha un morceau de sa robe qui partait en lambeaux et, petit à petit, décomposait ainsi son vêtement.
Il ne marchait que pour aller manger et revenir bien vite près du portail, près duquel il s’endormait, emmitouflé le mieux qu’il pouvait dans ses maigres habits.
Il avait peur de finir par attraper la crève, car ses souliers étaient proche de la décomposition, et ses semelles se détachaient chaque jour davantage.

L’attente était interminable, mais Gabriel restait là quand même.
Pour ne plus devoir marcher tous les jours, il avait amassé tous les fruits secs qu’il avait trouvés et placé cette réserve à ses côtés, à son abri, près du portail.
Il avait remarqué qu’il y avait des rails, pas très loin, et des rails en bon état. Ces rails étaient son nouvel espoir : un train finirait bien par passer dessus… Il guettait sans cesse le roulement caractéristique qui s’entend partout dans les gares mais hélas ! ses rêves étaient, une nouvelle fois, déçus.

Jusqu’au moment où Gabriel fut sauvé.
En effet, un beau jour, un magnifique beau jour même, humide parce qu’il avait plu la veille, mais très beau quand même, le garçon entendit un train.
Fou de joie, il aurait volontiers sautillé jusqu’aux rails mais s’aperçut qu’il était tellement affaibli qu’il ne pouvait plus marcher. Alors, il attendit.
Le train sembla ralentir, puis stoppa complètement. Le cœur de Gabriel bondit : une foule en descendait. Une foule de jeunes, sans aucun doute, qui riaient et criaient. Il était tellement content qu’il en avait les larmes aux yeux. Il entendit une forte voix, très puissante, clamer : « Les première, par ici ! Les première année ! » et regarda le château. La foule semblait se diriger vers lui. Ce bâtiment serait donc une école ? Gabriel se félicita d’avoir attendu : évidemment qu’il n’y avait personne, en été !
Etait-il donc devenu une vision si pitoyable ? Le garçon avait trop faim pour songer à prendre une posture plus digne. Les enfants, qui approchaient dans un joyeux tintamarre, ne tardèrent pas à s’arrêter et quelques voix s’étonnèrent : « Mais qui c’est ? », « Qu’est-ce qu’il fout là ? » ect. Gabriel fut soudain saisi d’une horrible peur : si on le jetait dehors ? Tant pis, il fallait qu’il tente sa chance.
- Le malheureux, dit ce qui devait sans doute être une dame âgée. On ne peut pas le laisser là.
- Ca fait des années, dit la grosse voix, que j’enseigne dans cette école, mais c’est bien la première fois que je vois ça ! Vous croyez que c’est un sorcier ?
- Il suffit de le lui demander, s’il n’est pas trop faible, déclara la dame d’un ton hautain. Mais ça me paraît évident, même s’il n’a pas employé de magie pour se nourrir. Ma parole, je suis sûre que je pourrais compter ses côtes. Un véritable squelette.

Des pas lourds résonnèrent alors sur le sol en sa direction. Gabriel rougit d’être aussi faible et aussi méprisable, mais il se sentait incapable de bouger.
- Que fais-tu là ? rugit la voix.
Le garçon ouvrit la bouche et balbutia quelques syllabes qu’il ne comprit pas lui-même.
- Ah ! triompha la voix, c’est un sorcier. Je le vois à sa baguette.
- Bien, fit la dame. Revigor.
Un éclair rebondit sur lui. Aussitôt, Gabriel se sentit beaucoup mieux, mais il aurait presque préféré rester malade, tant il avait honte.
Il avait, néanmoins, toujours aussi faim : mais les démangeaisons et le rhume avaient cessé.
- Merci, parvint-il à articuler d’une voix inaudible.
- Ah, il parle. Menons-le au château.
Il se sentit transporté et un instant pensa aux fruits secs. Comment allait-il manger ? Mais il ne tarda pas à rire intérieurement de sa sottise.
N’ayant pas bougé depuis des jours, il se sentait tout ankylosé. Il finit par s’évanouir.

***


Juliana Coppers était retournée là où tout avait commencé : au milieu d’une petite ruelle à droite de la Rue de Bois, ville Firstelen.
Elle y était allée la nuit. Elle escalada, comme l’avait fait Gabriel, le cul-de-sac : mais n’ayant pas de tristesse au ventre, elle s’y prenait très mal. Elle finit par utiliser un sortilège d’Attraction et attira au hasard une grande échelle dont elle ne savait même pas d’où elle venait. Avec hésitation, elle grimpa ainsi le mur et une fois perchée sur le toit, attira de nouveau l’échelle, qu’elle disposa tant bien que mal sur l’autre mur. Elle se mit à descendre prudemment. Puis, soudain, l’échelle tomba et Juliana retint un cri.
La sensation de chute fut brève, mais intense. L’ex-Auror tomba mal et se foula la cheville.
- M… marmonna-t-elle, tout en massant le membre meurtri.
Elle utilisa un sort de Régénération pour guérir la cheville.
Comment s’était pris Gabriel pour franchir ce cul-de-sac et en ressortir indemne ? Enfin, si ça se trouve, il a été blessé, mais bon… Kiggle et elle l’auraient volontiers poursuivi s’il n’y avait pas eu tous ces Moldus, et ils avaient dû se résigner à revenir au ministère prévenir Maglecor.
Le lieu était désert. Des pierres, point barre. Juliana s’efforça de se mettre à la place de Gabriel. Fou de chagrin comme il l’était, il avait dû courir tout droit, sans se soucier du lendemain.
Elle n’avait absolument aucune indication, mais elle transplana malgré tout pour avancer de quelques mètres.
Elle voyageait ainsi, dizaine de mètres par dizaine de mètres. Elle ne tarda pas à arriver à un endroit de campagne. Une rivière coulait au loin et elle s’y dirigea.
Elle marcha le long de la rivière, en omettant cette fois de transplaner. Si elle avait vu juste, elle devrait bientôt apercevoir un indice, n’importe quoi.

Elle ne trouva rien mais continua de marcher.
Ce que Juliana ignorait, c’est qu’elle avait fait fausse route. Cette rivière n’était pas celle qu’avait suivie Gabriel. Le garçon avait marché dans la même direction, mais des dizaines de kilomètres à l’ouest de la rivière.

***


Quand Gabriel se réveilla, il était allongé sur un lit délicieusement tiède.
Tout autour, des lits blancs du même style étaient disposés, avec de vieux rideaux entre. Des fenêtres répandaient une luminosité des plus agréables. Il ne tarda pas à comprendre qu’il était dans une infirmerie et s’aperçut tout à coup qu’il n’avait plus si faim.
Il posa néanmoins un regard sur la table de nuit dans l’espoir d’y voir un plateau. Mais il n’y avait que des lotions vert criard.
Il regarda donc fixement le plafond.
L’infirmière ouvrit une porte avec des pommades à la main et s’occupa d’un patient que Gabriel ne pouvait voir de là où il était.
Puis, la dame jeta un rapide coup d’œil sur les malades et vit qu’il était éveillé.
- Bonjour, dit-elle. Je t’ai fait avaler ceci – elle indiqua de la main les lotions vertes -, tu ne devrais plus avoir tellement faim.
- Non, beaucoup moins, confirma Gabriel avec reconnaissance.
- On ne peut pas risquer de satisfaire ton appétit tout de suite, ajouta-t-elle. Il faut y aller petit à petit. Pendant trois jours, tu ne boiras que cette potion, et après tu mangeras de la vraie nourriture – avec modération, toutefois.
Puis, voyant qu’elle s’apprêtait à s’en aller, Gabriel demanda :
- Où suis-je, en fait ?
- A Poudlard.
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MessageSujet: Re: La machination   Jeu 6 Avr à 23:29

4


Juliana marchait depuis des heures. Pas le moindre indice, rien du tout. Elle commençait à se demander si elle ne s’était pas trompée. Mais non, à la place de Gabriel elle aurait couru tout droit, et il était bien évident qu’il songe à suivre une rivière. A moins qu’il ne se soit laissé mourir de chagrin ?
Découragée, elle se laissa tomber sur une pierre. Toute seule, comment pourrait-elle retrouver Gabriel ?
C’est alors qu’elle eut une idée de génie.
Elle avait un peu honte de faire ça, mais c’était une excellente piste.
- Accio les restes de Keigo.
Un petit moment passa, pendant lequel Juliana, cœur battant, regardait tout autour d’elle. Le sortilège d’Attraction pouvait-il attirer les cadavres ? Allait-il fonctionner, ou bien le corps de Keigo était-il vraiment trop loin ?
C’est alors qu’elle sursauta. Juste en face d’elle, un corps flottait dans sa direction, avec rapidité, laissant tomber derrière lui des mottes de terre. Horrifiée, Juliana hurla : “ Finite ! ” et le corps tomba... dans l’eau.
Juliana, honteuse, recommença son sortilège d’Attraction et Keigo jaillit de l’eau. Avant qu’il ne soit juste devant elle et après qu’il eut franchi la rivière, elle mit fin au sort et le corps tomba sur le sol dans un bruit sourd, à quelques mètres d’elle.
Elle tremblait. Bon sang ! qu’avait-elle donc fait ! Bien sûr que Gabriel avait enterré Keigo… Si ça se trouve, il était encore près de la tombe.
Elle resta immobile pendant quelques instants, ressassant sa stupidité. Elle n’osait pas s’approcher du cadavre, qui puait tellement qu’elle le sentait de là où elle était et qui devait grouiller de vers. Qui casse paie, se dit-elle. Tu vas devoir l’enterrer de nouveau. Absolument dégoûtée de son idée, Juliana creusa un trou comme l’avait déjà fait Gabriel. Utilisant de nouveau un sortilège d’Attraction, et tout en s’efforçant de ne pas le regarder, ni d’entendre les gazouillis des horribles insectes, elle attira le cadavre au-dessus du trou, où elle le laissa tomber. Elle se hâta de refermer la tombe, disposa quelques fleurs et lava ses mains dans la rivière.
A nouveau, elle s’assit sur la pierre.
Elle réalisa qu’elle s’était trompée de chemin quand elle se rappela comment le corps était venu. Un petit moment avait été nécessaire pour qu’il arrive, ce qui signifie qu’il était loin, et il n’avait pas été enterré dans les environs.
Elle transplana.

***



La potion verte n’avait presque pas de goût, mais en revanche, elle était tellement épaisse que Gabriel avait du mal à l’avaler et il manqua plus d’une fois de s’étrangler. Elle avait le parfum très caractéristique des médicaments moldus. En clair, le garçon détestait le moment où il devait ingurgiter ce qui était ses repas. Pourtant, c’était grâce à ça qu’il n’avait plus si faim, et il se remplumait petit à petit.
Gabriel avait tout son temps. Il l’employa à réfléchir.
Lorsqu’il serait rétabli, il n’échapperait sans doute pas aux questions. Et on risquait de le reconnaître. Pour le moment, il était encore trop maigre pour que son visage soit celui des avis de recherche, mais dans trois jours, sans doute que si.
Il fallait donc qu’il s’invente une nouvelle identité, une nouvelle histoire, un nouveau physique.
C’était ça le problème : un nouveau physique… Où trouverait-il le matériel pour se grimer un visage ? Comment masquerait-il ses traits ?

Une heure du matin. A cette heure-là, tout le monde dormait.
Gabriel se leva. Ca faisait si longtemps qu’il ne s’était plus tenu debout qu’il sentait tous ses muscles désapprouver l’ordre et crisser légèrement, un peu comme des portes qui n’avaient plus été huilées depuis longtemps. Ce n’était pas douloureux, mais gênant.
Il se leva donc avec toutes les précautions nécessaires, mais chaque geste, chaque mouvement semblait provoquer un désastre de même ordre de grandeur qu’un déluge. Le sommier craquait, les draps se froissaient. Bon sang ! à croire que le lit le faisait exprès. Tout le monde avait dû l’entendre et s’être réveillé.
Le garçon retenait son souffle. Rapide coup d’œil autour de lui. Son cœur cessa de battre lorsqu’il vit quelqu’un se retourner dans sa couverture. Mais non, il dormait.
Jamais pieds posés sur quelconque sol ne firent autant de chahut que ceux de Gabriel. Pourtant, il continua, en se persuadant que personne n’avait de sommeil assez léger pour se réveiller.
Il se dirigea vers le lit d’un malade défiguré, qui avait force besoin de pommades aux couleurs diverses. Dans sa main, il tenait un petit verre inutilisé et repéré dans le tiroir de sa table de nuit. Armé de mille précautions, et sans cesser de jeter des regards inquiets un peu partout, il ouvrit les tubes de pommade déposés sur la table et en mit un peu dans le verre, en prenant bien soin de les disperser pour ne pas qu’ils se touchent.
Il dénicha un miroir dans la pièce et sortit sa baguette en murmurant : « Lumos ».
Avec cette maigre lumière, avec ce misérable maquillage, il creusa certains traits, fit disparaître d’autres, camoufla une tache de rousseur. Ce n’était pas grand-chose, mais au fur et à mesure qu’il avançait, il s’aperçut avec surprise combien il est facile de changer son visage.
Son regard tomba étourdiment sur la tache de naissance à sa main et il la fit disparaître également. L’infirmière ne l’avait pas assez regardé pour apercevoir la différence : quand aux malades, ils ne lui avaient jeté aucun regard.
Il éteignit la lumière de sa baguette, retourna dans son lit et se rendormit.

***


Juliana était arrivée à la rivière, la bonne cette fois-ci. Ce fut confirmé lorsqu’elle vit le trou privé de son cadavre. Elle avançait, remplie d’un courage et d’une volonté tout neufs.
Elle arriva à un confluent sans y prêter attention. Elle continua de suivre la rivière. Juliana ne pouvait pas savoir que Gabriel avait, sans y penser, sauté au-dessus du confluent, et qu’il avait suivi l’autre cours d’eau.

***


Gabriel se leva à cinq heures et demie du matin pour aller voir le résultat.
Effectivement, les pommades ne s’étaient pas contentées d’entrer dans la peau. Elles avaient également modifié les traits, comme le garçon l’avait espéré, et à présent il était transfiguré.
Sur le coup, il craignit s’être défiguré. C’était son visage, mais il n’était plus comme avant. Gabriel ne savait pas très bien s’il était à présent plus beau ou plus laid, mais une chose était sûr : il faudrait qu’il s’y habitue.
Il se recoucha dans ses couvertures, très fatigué par ces réveils constants. Gabriel avait toujours été un gros dormeur. Il se couchait tôt et se levait tard. Il lui avait fallu faire preuve d’une volonté inouïe pour cette sorte d’escapade nocturne.
Le maquillage fonctionna à merveille. Trois jours plus tard, lorsqu’il put enfin avaler de la véritable nourriture et qu’il se sentit beaucoup mieux, la directrice de l’établissement – qui s’avérait être la dame un peu hautaine - le questionna, et il déclara s’appeler Peter Kirsgley, orphelin, sans domicile ni tuteur ni rien du tout.
- J’aime autant vous prévenir, avait-il précisé, qu’il m’étonnerait que vous trouviez le nom de Kirsgley quelque part. C’était une famille très méconnue et sans amis. Il n’en reste plus aucun à part moi, à ma connaissance.
- Dans ce cas, avait dit le professeur Mc Gonagall – il sut son nom par la suite, nous allons vous chercher un tuteur. Evidemment, Poudlard sera votre école. Demain, vous irez sur le chemin de Traverse afin d’acheter vos fournitures scolaires.
- Je n’ai pas le moindre argent, la moindre fortune, vraiment rien…
- Ce n’est pas grave. On s’arrangera. Après-demain, vous serez réparti. Vous vous familiariserez avec le château et vous commencerez les cours le lendemain.
Gabriel avait répété ce qui serait son nom des millions de fois dans sa tête. Il n’était plus Gabriel Hagrevey. A présent, il devrait s’habituer à être appelé Peter Kirsgley. Gabriel n’existait plus. Il s’efforça d’enterrer ce nom et tout ce qu’il représentait.
La plupart des élèves avaient été fort impressionnés par ce personnage maigre, malade, apparu de nulle part, et il fut assailli de questions. Plus d’une fois, il faillit dire qu’il s’appelait Gabriel, mais il se retenait de justesse. Ce n’était pas facile de changer d’identité, comme ça, du jour au lendemain.
Pour le moment, il dormait toujours dans l’infirmerie.
Et lorsqu’il était étendu sur ce lit, à penser, il ne cessait de se demander si cette nouvelle vie lui plairait.

***


Plus Juliana marchait, plus elle était convaincue qu’elle s’approchait de son but, et plus elle s’en éloignait sans le savoir.
Le mince cours d’eau qu’elle avait longé d’abord grossissait lentement. Il s’élargissait et la jeune femme devait faire attention en marchant, car il devenait plus rapide. Juliana en venait à se demander si Gabriel ne s’y était pas noyé, mais elle ne voyait rien d’intéressant. Plus aucun indice.
Les berges qu’elle foulait étaient glissantes et elle s’en éloigna prudemment.
Elle regardait un peu partout, avec l’espoir des désespérés. Les nuits étaient fraîches, les pluies nombreuses, les insectes au rendez-vous, mais sa baguette repoussait ces inconvénients et lui garantissait de la nourriture à volonté. N’importe quel voyage était une promenade pour un bon sorcier.
En fait, son pire ennemi était l’ennui. Marcher, même dans un décor envoûtant, des jours durant, ça n’a franchement rien de divertissant, surtout si on va seul.
Juliana attendait avec impatience le moment où un événement se produirait – une rencontre, une bataille, un village… n’importe quoi. Mais non ! La marche était désespérément monotone. Elle ne pouvait même plus se baigner, comme elle en avait pris l’habitude il y avait quelques temps, à cause du rythme de l’eau devenu mortellement rapide. Elle avançait et la rivière se transformait en torrent.
Elle avait pris soin d’emmener un carnet et de quoi écrire, pour conter la recherche, mais jusqu’à présent, elle avait simplement noté qu’elle longeait une rivière.
En désespoir de cause, elle se mit à dessiner. Force était d’admettre qu’elle ne dessinait pas très bien, mais il fallait bien faire quelque chose.
C’est à ce moment-là que tout se précipita.
Le carnet, par quelque force obscure, échappa à ses mains et tomba dans la boue. Juliana se baissa pour le ramasser, en pestant contre le mauvais sort.
Erreur fatale ! Le mauvais sort s’acharna. Ses pieds glissèrent et son corps s’étala de tout son long dans la glaise. Elle voulut se relever mais, de mal en pis, glissa de nouveau. Elle s’approchait dangereusement de la rive et plus elle voulait y échapper, moins elle s’en sortait. Dans un cri terrifié, Juliana fut entraînée par le courant déchaîné. Elle tenta de respirer, mais elle but la tasse et le torrent poursuivit sa course folle, la malheureuse femme sous son emprise.

***


- T’es vraiment beau, toi.
Gabriel se sentait comme un poisson dans l’eau chez Eeylops, Au Royaume du Hibou. Hagrid, le garde-chasse à la voix tonnante, l’avait accompagné au chemin de Traverse, et ils avaient acheté toutes les fournitures scolaires nécessaires. Le garçon avait tenu à s’acheter un hibou ou une chouette, et Hagrid avait cédé.
Il avait toujours apprécié les animaux et en avoir un rien que pour lui était une perspective plaisante. N’ayant jamais eu d’animal domestique – ses parents détestaient ça -, il était vraiment content de pouvoir s’en procurer un.
A présent, Gabriel tombait sous le charme d’un hibou moyen-duc qui n’arrêtait pas de tourner la tête et de battre des ailes. Le garçon l’acheta et le nomma Alaska.
Hagrid et Gabriel se séparèrent une fois retournés au château. Tout content de son hibou, Gabriel alla à la volière où il laissa Alaska après l’avoir caressé et lui avoir donné un peu à manger, et il retourna à l’infirmerie qui lui faisait office de dortoir. Il avait hâte d’être réparti.
Il était maintenant complètement guéri et Mme Pomfresh ne s’occupait de lui que pour lui donner ses repas.
Il avait familiarisé avec son voisin, victime d’un maléfice qui avait fait tomber ses oreilles : Saerm Jinglelt. C’était un Gryffondor plein de patience et de loyauté. Ils discutaient souvent, même si Saerm n’entendait pas très bien, à cause des oreilles qui venaient d’être raccommodées. Grâce à lui, Gabriel en apprenait un peu plus sur la vie du château.
- Méfie-toi des Serpentard, lui avait-il dit. Ils sont irrécupérables. De vrais et purs idiots. Et Rogue, leur directeur, n’en parlons pas. Tu ne le verras jamais retirer des points à sa maison, ni en rajouter à d’autres.
- Tous les Serpentard sont comme ça ? s’était étonné Gabriel.
- Tous. C’est eux, les principaux fauteurs de troubles. D’ailleurs, c’est l’un d’eux qui m’a envoyé ce maléfice.
Gabriel avait entendu dire que c’était le Choixpeau magique qui répartissait les élèves et il demanda des détails à Saerm.
- Le Choixpeau, eh bien… c’est un vieux chapeau qu’on met sur ta tête. Alors, il voit ton caractère, tes pensées et tout ça, et il choisit ta maison. Il ne se trompe jamais.
Le garçon, à ce moment-là, eut très peur. Si le Choixpeau lisait dans sa tête, il risquait de découvrir qu’il n’était pas Peter Kirsgley et le dire tout haut.
- Ah, s’était-il pourtant contenté de dire.
Saerm toucha ses oreilles en soupirant. Il semblait réfléchir.
La nuit tombait et Gabriel s’apprêta à dormir.

***


Juliana avait fini par s’échouer sur une rive.
C’était une bien misérable vision que cette femme ensanglantée, mouillée, la robe en lambeaux.
Le fleuve avait fini par se calmer et elle était maintenant auprès d’un lac à l’eau paisible et immobile. Elle resta un moment sans bouger. Elle finit par se lever dans l’espoir de voir une habitation : hélas ! jamais campagne ne fut plus déserte.
Soudain, elle fut prise d’un horrible doute. Elle tâtonna ce qui restait de ses vêtements et dut se rendre à l’évidence : elle avait perdu sa baguette. Horreur ! triple horreur ! Sans baguette, elle n’était plus qu’une sorcière privée de ses pouvoirs et donc, une Cracmolle en quelque sorte.
Elle n’avait aucune idée d’où elle se trouvait et aurait été bien en peine de dénicher le chemin de Traverse pour se procurer une nouvelle baguette.
Avec force soupirs, elle se remit à marcher, mais la marche promettait d’être différente, très différente de ce qu’elle avait été.


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MessageSujet: Re: La machination   Jeu 6 Avr à 23:30

- Eh bien… hésitait le Choixpeau.
La répartition de Gabriel était enfin venue. Il avait le cœur battant à cent à l’heure et, plus il s’efforçait d’enterrer le nom de Gabriel Hagrevey, plus il y pensait.
Il se dit que c’était foutu et que le Choixpeau magique savait maintenant tout de lui. Alors, il se mit à penser de toutes ses forces : « Ne le dites pas… ne le dites à personne, je vous en prie. » A sa grande surprise, il entendit la voix du Choixpeau lui dire en pensée : « Tu es honnête. Je ne te trahirai pas. D’ailleurs, je n’ai pas été créé pour rapporter. »
Gabriel se sentit tellement soulagé qu’il s’entendit lâcher un soupir.
- Gryffondor ! déclara le Choixpeau.
Les Gryffondor applaudirent tandis que Gabriel, chancelant d’un soulagement immense, remettait le Choixpeau au professeur Mc Gonagall et qu’il s’avançait vers la table désignée.

Gabriel, après avoir déménagé ses affaires dans le dortoir des Gryffondor, fit le tour du château.
Le soleil commençait à se coucher et il se dit qu’il allait rendre visite à Saerm. Il s’était très vite attaché à lui et il était tout content d’être dans la même maison que lui.
Il descendait un escalier lorsqu’il entendit une voix s’exclamer :
- Eh, Peter !
Gabriel n’avait pas encore tout à fait acquis le réflexe mais il s’était quand même assez développé. Une seconde s’écoula pour qu’il se rappelle que c’était lui Peter et il se tourna vers la voix. Il eut la surprise de découvrir que c’était celle de Saerm.
- Oh, salut, dit-il gaiement.
- Tu as été réparti ? demanda Saerm.
- Oui, je suis à Gryffondor…
Saerm sourit.
- Tant mieux.
Mais il semblait quelque peu turlupiné. Il regardait Gabriel d’une drôle de manière. Il finit par dire :
- Tiens, ça tombe à pic que je tombe sur toi. Je voulais justement te demander un truc… On n’a qu’à aller dans le dortoir de Gryffondor.
Perplexe, Gabriel suivit son ami – car Saerm était son ami – à l’étage correspondant. Ce n’est qu’une fois seuls dans le dortoir des garçons que Saerm lui dit d’un ton franc et direct :
- Ecoute, je ne suis pas un rapporteur et je ne trahis pas. Je te jure que tu peux avoir confiance en moi. Mais, à moins que je ne me sois trompé, la nuit d’avant-hier, je crois, tu t’es levé à une heure du mat.
Saerm lui jeta un regard lourd de sous-entendus. Gabriel se sentit déstabilisé. Saerm avait un drôle de regard – gris, perçant, clairvoyant. Un regard dérangeant et qui avait l’air de regarder jusque derrière vos yeux. Un regard qui signifie clairement qu’on ne pouvait pas jouer avec.
Gabriel comprit que Saerm ne supporterait pas qu’il nie. Il dit donc avec hésitation :
- Bon, c’est vrai.
Saerm ne posa pas de questions. Il ne s’encombrait jamais de choses inutiles. C’était ce que Gabriel appréciait chez lui. Saerm savait que Gabriel savait qu’il voulait savoir, il ne posait donc pas la question.
Gabriel hésita de nouveau. Mentir à Saerm ne lui était pas venu à l’esprit. Comment pourrait-il expliquer qu’il se soit levé en pleine nuit, qu’il aurait chipé un peu de pommade pour se peinturlurer devant la glace ? Avec tant de secret, tant de regards inquiets, tant de discrétion.
Mais en même temps, tout dévoiler à ce garçon qu’il ne connaissait pas tellement…
Gabriel ne répondit donc pas et alla se coucher. Saerm n’insista pas.

[Suite plus tard...]
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MessageSujet: Re: La machination   Mar 6 Juin à 11:19

Je trouve ça très bien et j'attend la suite avec impatience !!!
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Kimitria
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MessageSujet: Re: La machination   Mar 27 Juin à 0:54

Merci ^^

5


Juliana était maintenant à peu près dans le même état de moral que celui qu’avait eu Gabriel lorsqu’il marchait désespérément. A cette différence qu’elle était blessée de partout et qu’elle en souffrait horriblement. Et puis, ce lavage forcé dans le torrent l’avait fatiguée, un peu comme quand on va trop longtemps dans les vagues de la mer.
Elle trébuchait presque à chaque pas et respirait mal. N’importe qui aurait eu pitié d’elle.
Si Juliana avait été le personnage d’un livre, elle serait tombée entre les bras d’un ermite qui l’aurait bien soignée, ou bien le fleuve l’aurait entraînée près d’un village. Mais Juliana n’était malheureusement pas dans ce cas de figure. Elle était seule, horriblement seule. Elle n’entendait même pas les oiseaux chanter.
A bout de forces, elle finit par tomber sur l’herbe humide. Elle ne pleurait pas, elle ne se lamentait pas. Elle tombait, c’est tout. Elle perdait beaucoup de sang. Et soit elle s’endormit, soit elle s’évanouit.

***


Gabriel pensait souvent à Keigo, le soir. On n’oublie jamais tout à fait une amitié qui doit dater de leur naissance – ou quasiment.
C’était son premier jour d’école. Dans l’ensemble, il lui avait plu. Apprendre à apprivoiser des pouvoirs qu’il savait avoir mais qu’il n’avait jamais su utilisés correctement était franchement plaisant, et sa curiosité intellectuelle avait été toute aiguisée.
Saerm et lui étaient en même année et dans la même maison, ce qui leur faisait un horaire identique. Gabriel en était content, et plus il le fréquentait, plus il l’appréciait.
Saerm était un garçon franc et direct, ça il le savait déjà. Mais il avait aussi la répartie prompte et savait casser habilement toute vanne. Quand il s’y mettait, il pouvait avoir beaucoup d’humour. En classe, c’était un élève silencieux, qui écoutait sans parler, ni pour participer ni pour discuter. Il avait du caractère.

Gabriel avait eu beaucoup de cours ce jour-là, mais sa matière préférée était le vol.
Le vol ! C’était une véritable révélation ! A son grand étonnement, Gabriel fut celui qui maîtrisa le mieux son balai de tous les élèves. Il se débrouilla admirablement, pour sa plus grande joie. Il adorait monter dans les airs, avec, pour tout repère terrestre, le vieux manche rugueux du balai de l’école. C’était une sensation nouvelle pour lui. Mme Bibine elle-même le félicita à la fin de l’heure. Il était sorti du cours le cœur empli de fierté. Jamais il n’avait eu de passion, de chose dans laquelle il était particulièrement doué.

Il était donc allé à la salle commune, harassé, décoiffé, mais content.
Le trou du portrait s’ouvrit soudain sur Mme Dentu, la nouvelle directrice des Gryffondor et professeur des défenses contre les forces du mal.
- Hm… Peter Kirsgley ?
Gabriel était maintenant plus ou moins habitué à son personnage. Il se leva aussitôt et se dirigea vers le professeur.
- Oui ?
- J’ai ici une lettre, de la part de la directrice.
Elle lui tendit une enveloppe avant de sortir, avec l’air comme toujours d’être surchargée de boulot.
Gabriel alla dans son dortoir, déchira l’enveloppe et lut ce qui suit :

Monsieur Kirsgley,
Nous vous avons trouvé un tuteur plus tôt que je ne l’avais cru. Il est élémentaire que vous le rencontriez dans les plus brefs délais, aussi nous vous emmènerons chez lui pour le prochain week-end. Tâchez d’être présent au hall samedi à dix heures. Vous reviendrez à Poudlard dimanche à quinze heures.

Minerva Mc Gonagall
Directrice de l’école de sorcellerie Poudlard


***

Quand Juliana se réveilla, elle se sentait très faible.
Elle gémit plaintivement en se demandant de quoi avait-elle l’air.
Elle tenta de se lever. Peine perdue. Son regard tomba alors sur ses plaies.
Mince ! Elle devait avoir perdu des litres de sang. Elle s’aperçut alors que c’était la nuit et qu’elle avait dormi pendant des heures.
Mais surtout, surtout, son sang avait formé un bloc complètement compact et solide, qui était attaché autant à ses plaies qu’à l’herbe.

Le cirque pour se tirer de là !
Juliana essaya d’abord de tirailler doucement sur le sang, mais ça ne servait à rien. De la véritable roche.
Paniquée, elle essaya tous les moyens et parvint enfin à se libérer. Tout ce sang coagulé était écœurant. Mais comme elle craignait de rouvrir les plaies, elle ne lava pas complètement le sang, qui faisait office d’une sorte de pansement. Même si elle était très affaiblie, c’était salutaire.
Elle s’allongea de nouveau sur le sol. Elle se sentait absolument incapable de marcher.

***


Gabriel toqua timidement à la porte de la maison. Il allait connaître son tuteur.
Pourvu qu’il soit sympa, se dit-il. Anxieusement, il attendit.
La porte s’ouvrit. C’est ainsi que, pour la première fois, Gabriel vit Morigan.

Morigan sortait de la douche.
- Bonjour, je suis Peter Kirsgley, dit Gabriel.
- Oh, bonjour, dit Morigan. Euh… entre. Oui, c’est ça.
Il était assez beau, mis à part qu’il n’était pas très bien rasé. Les cheveux noirs en bataille, il devait faire la trentaine. Gabriel eut tout loisir d’observer le bordel qui occupait la maison. Force était d’admettre que la maison n’avait plus connu de ménage de printemps depuis des siècles.
Morigan n’avait absolument pas l’air gêné et encore moins désolé. La première chose qu’il fit en refermant la porte derrière Gabriel fut de proposer une Bièraubeurre qui fut refusée. En haussant les épaules, il en prit une pour lui.
Ils ne vont pas me laisser à ce type, se dit Gabriel fort déçu. Il n’a même pas dit son prénom…
- Je m’appelle Morigan, dit-il enfin.
Gabriel s’était dit un instant que, s’il ne le demandait pas lui-même, il sortirait de ce week-end sans savoir comment s’appelait son tuteur.
Tandis qu’il restait là à attendre que Morigan finisse son verre, il décida de se dégourdir les jambes. Mais il était pratiquement impossible de se déplacer dans la maison sans provoquer une catastrophe si on n’était pas entraîné. A partir du moment où il posa cinq pas vagabonds, Gabriel fit tomber une pile de papiers. Il s’excusa mais Morigan semblait n’en avoir rien à foutre. C’était compréhensible : des papiers par terre de plus ou de moins… Néanmoins, Morigan ne fit aucun geste pour ramasser. Ce fut donc Gabriel qui s’en chargea. Curieux, il ouvrit une farde et découvrit la plus grande ribambelle de BUSE et d’ASPIC qu’il eût jamais cru voir de sa vie.
Il regarda successivement Morigan et la farde avec un étonnement tellement gargantuesque et si évident que c’en était impoli. Morigan vit les yeux de ce qui serait peut-être son futur fils adoptif aussi grands que des balles de ping-pong et il précisa :
- J’ai toujours voulu être Auror, c’est pour ça que j’ai bossé.
Le visage de Gabriel s’assombrit.
- Vous êtes un Auror ?
Morigan acquiesça.

***


- Eh bien ! ça ne va pas ?
Dans son brouillard ensanglanté, Juliana vit arriver la silhouette vague d’un homme. Elle ne répondit pas, c’était une question inutile.
- Dites donc ! Vous avez de la chance que je sois par là… Ce lac est peu fréquenté, il a mauvaise réputation… Attendez, je vais vous porter !
L’homme la hissa sur ses épaules. Juliana se laissa aller avec gratitude à un sommeil bien mérité.

Quand elle s’éveilla, la première chose qui la frappa fut que son corps était allongé sur un drap rêche, et que sa tête reposait dans un oreiller. Très affaiblie, elle s’efforça de se remémorer les évènements et en conclut qu’elle était sauvée, mais qu’elle n’était pas plus avancée dans les recherches de Gabriel.
Elle tourna les yeux et vit, à son plus grand soulagement, la caverne d’Ali Baba posée sur la table de nuit : un véritable festin destiné à remplir son sang de bons sels minéraux et vitamines en tout genre. Elle mangea ou plutôt, dévora le plateau, après quoi elle vida la bouteille d’eau et se sentit enfin plus ou moins rassasiée. « Sauvée des eaux » pensa-t-elle soudain.
Puis elle décida de dormir : elle était sur un lit, que pouvait-elle bien faire d’autre ?

***


Gabriel jeta un regard dédaigneux sur ce qui constituait son repas, c’est-à-dire un hamburger. Dégoûté, il s’efforça d’oublier Morigan devant lui, qui lui souhaitait bon appétit.
La matinée avait confirmé ses premières impressions. L’Auror lui avait prêté une télécommande, un fauteuil, une télé, et il s’en était allé faire je-ne-sais-quoi jusqu’à midi, où il s’était souvenu de son hôte.
Gabriel s’était ennuyé à mourir, zappant sans regarder les chaînes. Cette télé le déprimait si bien qu’il avait fini par l’éteindre et jeté sans aucune gêne la télécommande loin de lui. Il s’était levé de cet horrible fauteuil et avait décidé de monter les étages dans l’espoir de découvrir autre chose que le cauchemar. Il avait fini par découvrir un endroit où il n’y avait presque rien par terre, un seul : la salle de bains. En revanche, il y puait tellement qu’il avait ouvert la fenêtre.
Perché au travers de l’ouverture bienfaisante, il avait évalué la situation.
Ce type était un bordélique, certainement un malade mental. Il ignorait les codes de politesse même s’il était sans doute très intelligent sur le reste. La principale question : pourquoi Morigan avait-il voulu l’adopter ? « Sans doute parce que j’ai présenté des similitudes avec lui » songea-t-il méchamment en se remémorant ses jours d’exil.
Et pour couronner le tout, c’était un Auror.
Le fait que Morigan soit un Auror jouait contre Gabriel : tout le monde verrait certainement d’un bon œil le fait qu’il soit adopté par un Auror, peu importe ce qu’il était réellement. Mc Gonagall n’était sans doute jamais entrée chez lui. Ces BUSE et ASPIC augmentaient les chances que la tutelle soit confiée à Morigan : en revanche, un tel bordel et accueil le mettraient définitivement hors de cause. « Il suffira que j’en parle » se rassura Gabriel.
Donc, pas de risque que Morigan devienne son tuteur. Maintenant, le vrai nœud de la chose était ce week-end. Et dire qu’il avait été content ! Dire qu’il avait été soucieux d’être bien présenté, poli et agréable ! S’il avait su… Il avait refoulé ces pensées désagréables et, pour s’occuper, avait fouillé dans le bordel.
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MessageSujet: La machination   Mar 11 Juil à 10:57

C'est vraiment super ! A quand la suite ?
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MessageSujet: Re: La machination   Lun 21 Aoû à 9:56

C'est génial mais on attend la suite impatience. Je suis très curieuse pour ce genre de chose et j'aimerais connaître la suite.

C'est super. Continue comme ça.
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